Son histoire

JONAS PROPHÈTE AUJOURD’HUI

 

Aujourd’hui, dimanche au cœur de la Semaine d’Unité des Chrétiens, la liturgie a fait relire un court passage du livre de Jonas. La courte note du livret Prions en Église redit d’une façon synthétique la vocation du prophète Jonas qui fut complexe dans son exécution puisqu’il dut passer par le ventre d’un monstre marin.

Une occasion pour Jonas de se redire qu’encore aujourd’hui, la miséricorde de Dieu est bien vérité fondamentale qui peut réunir les Églises chrétiennes. Un beau message pour notre temps.

Qui ne connaît pas Jonas et sa baleine ? Cela étant, rares sont les personnes qui ont lu en entier le livre qui porte son nom. Un livre postérieur à l’Exil et qui ouvre à des vérités fondamentales sur le mode humoristique. L’auteur semble se moquer ·de lui – même et de la communauté qu’il incarne ! pour l’aider à dépasser ce « scandale » : la miséricorde de Dieu à l’égard de ses ennemis.

Ce dont il est question :jonas-histoire-prophete

Jonas, Dieu et entre eux comme une pomme de discorde, Ninive : tels sont les personnages de ce bref récit. La promptitude avec laquelle les païens accueillent la proclamation du prophète est d’autant plus remarquable qu’il a fallu un deuxième appel et une situation désespérée pour que celui – ci consente à accomplir sa mission. Un refus dont il donnera les raisons à la fin du livre (Jonas 4, 1-2), raisons qui, précisément, ont trait à la miséricorde du Seigneur telle qu’elle se· révèle dans nos versets. De fait, il y apparaît comme le Dieu qui ne prend pas « plaisir à la mort du méchant » mais à sa conversion (Ez 33-11).·Et cela, même si ce méchant est un païen. Précisons que le nom de Jonas est vraisemblablement codé puisque en hébreu il signifie« colombe », Ce qui oriente la mémoire du lecteur vers l’épisode du déluge et le rôle tenu par cet animal, messager de la miséricorde de Dieu à l’égard de toute « huma­in »(Gen 8, 10-12)

Manifestement, et c’est notre joie, Dieu ne cesse de porter un regard d’espérance sur les hommes. Mais il nous demande aussi de partager ce regard, ce qui s’avère plus complexe tant nous avons tendance à « classer » nos semblables. Plus encore, Dieu nous appelle à devenir les médiateurs de son amour. Et là, l’expérience peut se révéler « crucifiante », Car l’auteur du livre de Jonas ne minimise aucunement la souffrance de son peuple, qui a été lourdement opprimé par Ninive. Une souffrance qu’il partage et qui l’autorise à parler et à presser ses coreligionnaires d’ouvrir leur cœur au Dieu de toutes miséricordes.

Sœur Emmanuelle BILLOTEAU ermite bénédictine